Ne fut longtemps que celle des arbres, du soleil frappant le front, cet horizon de son couteau gravant un signe, clarté d’une voix sur la piste ou l’odeur des fleurs de café, tout un envoûtement par les choses, dont on ne peut sortir. Mais dit ainsi ou d’autres manières, n’est que trame se rompant, l’accroc que fait le temps et le fil à écrire.
Le mot ligne apparait 13 fois dans Ma vie au village.
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.
Ma paume, la peau tienne, l’unique ligne interne quand l’œil se cogne à l'encolure des arbres, contre l'air au-dessus d'eux rempli d'un soleil d'acier, qu’il frappe en bas sur la nuit, sa porte inouverte, sans le cuir de ton dos sous elle, glissante, je divaguerai, criant au supplice et le nom gravé sur ta cuisse irait aux enfers.
Le mot main apparait 13 fois dans Ma vie au village
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Dans la chambre de passage ou un studio de location, voilà qu'il devient fenêtre, capturé par son carré, ouverte puis refermée sur l'illusion qui nous désorbite la tête. On croit voir ce qu'on croit voir, mais soumis aux forces de l'ordre interne, on se retrouve seulement bêta devant l'image, humainement trompé. On en fait un tableau, montage inachevé, qu'on voudrait libéré des clôtures du monde, de la propriété, réchappé de l'explication, une petite chose aussitôt perdue de quelques lettres aux formes noires, en attente d'être retrouvée.
Le mot œil apparait 13 fois dans Ma vie au village.
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On entend plus le craquement du mot quand il cède et tombe, ni le gémissement final des pendus. Juste l'infernal rotor coupant les choses en deux, coupant le corps, sa syllabe. On retue les morts. Et je tirais aussi le grand rideau sur eux, la couverture des feuillages, sacrifiant à l'oubli. Je ne vois désormais que leur ombre tranchée par la rougeur des toits, engrappée d'oiseaux sales, dévoreurs de boyaux.
Le mot arbre apparait 8 fois au singulier et 13 fois au pluriel dans Ma vie au Village.
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Pour vaincre quelquefois la distance infinie son détour tape au corps, fiche un coup de tranchant plus vif que la lumière, jet d'une lame aussitôt déguisé en habile air de rien. Tout passant, sans le voir, continue son chemin, ignore qu'un désir se trame, que des rêves l'enlacent, et l'on ne sait qui, des uns, des autres, s'en va mourir vers le soir, troué par l'amour incertain.
Le mot regard apparait 14 fois dans Ma vie au village.
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Des fées sur la grève ou des anges mâles aux cheveux bouclés, le train qui passe entre les nuages, Pygas se baignant, que l'on n'a jamais vue, en somme tout ce qui dure sans durée, l'ennui, les êtres désirés par l'esprit du regard, le train revenu qui pénètre en gare, le parler muet d'une chose, la scène des absentés qui rejouent leur départ, les villes où l'on va sans aller, la liste sans fin que l'on se dresse, avant la mort, dans le cerveau.
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Fond d'orange badigeon sur la toile qui chute entre du vert et la grisaille des troncs, les cours odorant l'air pour l'office d'un rouge de palmiste et l'air qui nous soupente, accroche au ciel passé la vieille angoisse humaine, soi ne pouvant jamais soustraire ses rêves à ce qui vient. L'usure de la lumière gagne le bord des choses.
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Autre lieu où l'on se déporte à l'est de tout, où l'on peut sans craindre bannir le moi, le nous, tribunaux féroces, et dans les rythmiques de ce dehors que l'on écoute, jeter son corps entier.
Je l'entends toujours dire, malgré ma désertion, et parler sans reproche, de cette voix si claire que sur son texte je me retourne encore. Mais j'ai trop écrit d'elle, qui n'est plus que le vide en moi, de moi, l'espace de sa parole à taire.
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Près de quoi l'on se trouve sans cesse, qui pour n'être pas funèbre commence par un baiser, rapprochement d'embouchures lointaines. Mais les chairs s'écartent, encerclent toute distance et t'exilent aussitôt ; le mot louvoie par vent contraire.
Nous naviguons, les yeux mi-clos, vers une frontière, sachant qu'on ne l'atteindra pas, épiant entre les arbres à chaque tournant la mer, ainsi que sans la voir souvent font des enfants heureux. Rentrés à la ville au soir, celle où se noient tant de garçons, attendons l'heure en qui chaque partie de soi se renverse et rêve de toucher dans l'obscur l'impénétrable rive du corps d'autrui qui lui fait face.
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Ce qui n'est pas à portée de soi mais en qui l'on tombe, ou plutôt chute en son idée, sans avoir eu le temps de compter les morts. Quelle épouvantable invention d'avoir de tout fait des moitiés qui dérivent à deux cent kilomètres par seconde. Si pour connaitre nous devions être séparés, ce ne fut pas de cette manière, affublant dieu d'un vice et de brutalité, en l'embringuant dans nos histoires, l'un d'un côté, nous de l'autre assis au prétoire des morales.
Ce dont je parle ici c'est du ventre divin, de ses organes tournoyant, des ailes de son esprit qui nous meuvent autant que nous voguons de nous-même sous le vent ou l'effet du vin, de la chose infinie, tramée de vide et d'atomes, qui s'épanche en lui, et du menu soi de chacun vacillant sur un bout de terre, des entrailles cosmiques où le plus petit grain ne se perd au cœur d'une énorme pensée. Mais aussi l'envers maléfique de ce sublime chaos dans les têtes humaines, leur hideuse volonté de se subordonner, de ne jouir, jeu minable et tragique, qu'au bord des peines qu'elles fabriquent.
Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de Ma vie au village (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif.