La vie solitaire de É. Sambòko
La vie solitaire de É. Sambòko prend la suite des #Didascalies de Fenêtre sur ville. Un personnage est apparu, qui déplace la perspective de la ville et de son écriteur. Sambòko veut dire “chaussure” mais aussi “énigme” si l’on oriente autrement l’accent. Où va É. Sambòko ? L’on ne sait.
La vie solitaire de É. Sambòko – 5.1
Parfois rien n’advient du vide, celui de soi ou du dehors, qui est le même. Une forme de l’attente se glisse dans le corps d’Éros. L’œil se tient seul à la fenêtre, au bord du trou de la ville où débaroulent les choses. Et demeure à regarder le quoi, cette matière du monde, la multiple surface de ce quoi, aussi profonde que l’insensé d’un rêve. Durant des jours ou des semaines d’une éternité désœuvrée sous la pesanteur de l’air.
Courte liste d’oiseaux que dévorent les nuages, l’aréquier planté là dans une cour odorée par les eaux de vaisselle, les mousses d’un savon contre les vers de peau, le champ tendu des tôles entre manguiers : image devant Éros, que détrempent les pluies, racornit le soleil. Image dans la tête, trou de la ville ou puits des orpailleurs tombés sous le ciel blanc, on y traque le fil, la veine, on s’y ensevelit à déganguer les mots, en ne tirant souvent que terre et d’anciens os de captifs ou de chiens.