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    <title>Chemin tournant</title>
    <link>https://sergemarcelroche.writeas.com/</link>
    <description>Serge Marcel Roche</description>
    <pubDate>Fri, 03 Jul 2026 20:51:08 +0000</pubDate>
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      <title>Chemin tournant</title>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 2.2</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Personne \[à part les jambes, les pieds du soi, qui l’écrivent pas à pas\] ne lit ce livre ou seulement le feuillette, ni le prononce à mi-voix, dont les pages s’énumèrent au gré du mouvement des populations, des errances particulières ou des ballades au bois. Plutôt : c’est une lecture mécaniquement inconsciente, en même temps que perpétuelle (il y a toujours au moins quelqu’un qui marche, de jour des milliers, sur les chapitres de la nuit) et chaotique, mais aussi déterminée par les points de départ et les points d’arrivée fixés idéiquement par les services d’une administration elle-même désordonnée. Déterminée en principe, car l’on ne parvient pas encore à faire aller les gens de A à B. Le livre de la ville échappe à toute imposition du plan.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Personne [à part les jambes, les pieds du soi, qui l’écrivent pas à pas] ne lit ce livre ou seulement le feuillette, ni le prononce à mi-voix, dont les pages s’énumèrent au gré du mouvement des populations, des errances particulières ou des ballades au bois. Plutôt : c’est une lecture mécaniquement inconsciente, en même temps que perpétuelle (il y a toujours au moins quelqu’un qui marche, de jour des milliers, sur les chapitres de la nuit) et chaotique, mais aussi déterminée par les points de départ et les points d’arrivée fixés idéiquement par les services d’une administration elle-même désordonnée. Déterminée en principe, car l’on ne parvient pas encore à faire aller les gens de A à B. Le livre de la ville échappe à toute imposition du plan.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
<a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>
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      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 15:32:33 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 2.1</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Le soleil entaille la brume en faisant un bruit d&#39;usine. Sur la route en terre trottine une file indienne de tourterelles des bois. En bas, un bout de planche sur un reste d&#39;eau qui, plus loin, devient souterraine, fait passer la ravine et remonter \[vers soi\]. On entend le rire acide et cruel d&#39;un martin-chasseur (Halcyon senegalensis) et quelques notes flutées de bulbuls communs. Le soleil coupe déjà la peau. On ne sait avec précision en quelle saison nous sommes, \[le soi, perplexe, se taisant, rendu après la nuit incapable de discerner à même sa propre peau sous le soleil\]. Qui coupe pourtant. Le jour et la nuit sont des couteaux qui tranchent le temps dans la cervelle. Il y a des nuages, petits et grands, ou le gris lumineux d’une plaque de fer, comme un écran. \[Le soi, distant du ciel, regarde à ses pieds les trous, les ornières, où s’accrochent toutes sortes de choses résiduelles.\] Malgré toutes ces choses \[en soi, dans la tête, délavées par les pluies\], l’on suit un itinéraire grâce au numérotage des rues, qui fait du trou de la ville un livre décousu.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Le soleil entaille la brume en faisant un bruit d&#39;usine. Sur la route en terre trottine une file indienne de tourterelles des bois. En bas, un bout de planche sur un reste d&#39;eau qui, plus loin, devient souterraine, fait passer la ravine et remonter [vers soi]. On entend le rire acide et cruel d&#39;un martin-chasseur (<em>Halcyon senegalensis</em>) et quelques notes flutées de bulbuls communs. Le soleil coupe déjà la peau. On ne sait avec précision en quelle saison nous sommes, [le soi, perplexe, se taisant, rendu après la nuit incapable de discerner à même sa propre peau sous le soleil]. Qui coupe pourtant. Le jour et la nuit sont des couteaux qui tranchent le temps dans la cervelle. Il y a des nuages, petits et grands, ou le gris lumineux d’une plaque de fer, comme un écran. [Le soi, distant du ciel, regarde à ses pieds les trous, les ornières, où s’accrochent toutes sortes de choses résiduelles.] Malgré toutes ces choses [en soi, dans la tête, délavées par les pluies], l’on suit un itinéraire grâce au numérotage des rues, qui fait du trou de la ville un livre décousu.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
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      <pubDate>Sat, 13 Jun 2026 10:13:22 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 1.3</title>
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      <description>&lt;![CDATA[La ville, pourtant toute en collines, en vagues rocheuses, immobiles - on loge dans ses moindres plissures - se figure \[à soi (disant)\] telle un trou par lequel passer sans cesse. De la fenêtre, trop petite, mesquine, on peut voir une partie du trou, et deviner, à la rumeur, aux sonorités, aux lueurs, ce qui demeure caché. \[Quand la porte est ouverte, il est préférable de regarder en se tenant dans le fond du couloir, où règne une odeur de bonde pas lavée, de vaisselle et d’égout\] : on voit dans l’embrasure rectangulaire le carré du trou de la ville, de nuit surtout, tant la ville est nuit.&#xA;&#xA;#Fenêtresurville #Didascalies&#xA;&#xA;Fenêtre sur ville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>La ville, pourtant toute en collines, en vagues rocheuses, immobiles – on loge dans ses moindres plissures – se figure [à soi (disant)] telle un trou par lequel passer sans cesse. De la fenêtre, trop petite, mesquine, on peut voir une partie du trou, et deviner, à la rumeur, aux sonorités, aux lueurs, ce qui demeure caché. [Quand la porte est ouverte, il est préférable de regarder en se tenant dans le fond du couloir, où règne une odeur de bonde pas lavée, de vaisselle et d’égout] : on voit dans l’embrasure rectangulaire le carré du trou de la ville, de nuit surtout, tant la ville est nuit.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a> <a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>

<p><a href="https://fenetre-sur-ville.writeas.com/" title="Blogue annexe">Fenêtre sur ville</a></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/fenetre-sur-ville-didascalies-1-3</guid>
      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:45:01 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 1.2</title>
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      <description>&lt;![CDATA[On entend la corne d&#39;une locomotive rouge qui traine avec lenteur à travers le multicorps de la ville soixante wagons de marchandises. Puis le souffle de l&#39;eau contre le béton de l&#39;abattoir général, où l’on verse annuellement le sang de quatre-vingt-dix-mille bœufs. Éclate le cri des bouchers à l&#39;adresse d&#39;une bête tremblante. On entend : Tue-le ! et le train, sa voix, ses yeux qui chassent des fantômes marchant sur son chemin de fer. Entrent par vent du sud le relent des vidures, et plus tard du nord, aussi longue à durer dans l&#39;air qu&#39;un sermon de pasteur, l’âcreté des ordures qui flambent encore, du plastique, des herbes à demi sèches qui ne demandaient rien.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies&#xA;&#xA;Fenêtre sur ville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>On entend la corne d&#39;une locomotive rouge qui traine avec lenteur à travers le multicorps de la ville soixante wagons de marchandises. Puis le souffle de l&#39;eau contre le béton de l&#39;abattoir général, où l’on verse annuellement le sang de quatre-vingt-dix-mille bœufs. Éclate le cri des bouchers à l&#39;adresse d&#39;une bête tremblante. On entend : Tue-le ! et le train, sa voix, ses yeux qui chassent des fantômes marchant sur son chemin de fer. Entrent par vent du sud le relent des vidures, et plus tard du nord, aussi longue à durer dans l&#39;air qu&#39;un sermon de pasteur, l’âcreté des ordures qui flambent encore, du plastique, des herbes à demi sèches qui ne demandaient rien.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
<a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>

<p><a href="https://fenetre-sur-ville.writeas.com/" title="Blogue dédié">Fenêtre sur ville</a></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/fenetre-sur-ville-didascalies-1-2</guid>
      <pubDate>Fri, 08 May 2026 13:36:35 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 1.1</title>
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      <description>&lt;![CDATA[La ville, son multicorps&#xA;\[Soi, parfois se disant\]&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;On ne sait avec précision à quelle heure de la nuit ça commence ‒&#xA;&#xA;La ville est à elle-même sa propre nuit, conjointe à la nôtre. D&#39;où l&#39;écrire ici sur un fond d&#39;obscur, les lettres figurant ses milliers de fenêtres et de lampadaires, lumières incertaines semblables au tremblement des mots. On la pénètre mieux ainsi, ou c&#39;est elle qui entre en nous, comme une pensée dans le corps.&#xA;&#xA;\[Pour l&#39;aviser, écarte le rideau de ta cervelle.\]&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies&#xA;&#xA;Fenêtre sur ville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>La ville, son multicorps
[Soi, parfois se disant]</p>



<p>On ne sait avec précision à quelle heure de la nuit ça commence ‒</p>

<p>La ville est à elle-même sa propre nuit, conjointe à la nôtre. D&#39;où l&#39;écrire ici sur un fond d&#39;obscur, les lettres figurant ses milliers de fenêtres et de lampadaires, lumières incertaines semblables au tremblement des mots. On la pénètre mieux ainsi, ou c&#39;est elle qui entre en nous, comme une pensée dans le corps.</p>

<p>[Pour l&#39;aviser, écarte le rideau de ta cervelle.]</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
<a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>

<p><a href="https://write.as/fenetre-sur-ville/" title="Blogue dédié">Fenêtre sur ville</a></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/fenetre-sur-ville-didascalies-1-1</guid>
      <pubDate>Sun, 03 May 2026 01:21:08 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>En vue de plus tard ou de jamais</title>
      <link>https://sergemarcelroche.writeas.com/en-vue-de-plus-tard-ou-de-jamais?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Emmanuel Godo, poète et essayiste, avait consacré au Journal de la brousse endormie, paru en 2023, l’une de ses chroniques dans le journal La Croix.&#xA;&#xA;Je viens de découvrir qu’il donne, dans la revue de culture contemporaine Études (numéro 4330, octobre 2025) quelques lignes à propos de Tout commence par les marimbas de la nuit.&#xA;&#xA;En vue de plus tard ou de jamais, ces mots de Mallarmé dans une lettre adressée à Verlaine, ont pour E. Godo la vertu d’offrir à la poésie un vaste espace d’accomplissement, qui déborde les assignations à servir. Il est question, avec Mallarmé, Bataille et William Carlos Williams de l’horizon d’écriture de l’écrivain, du poète, dans cette chronique qui s’achève ainsi :&#xA;&#xA;  Dans Tout commence par les marimbas de la nuit, Serge Marcel Roche fait entendre une ode aux arbres, aux rivières, aux oiseaux et à ces hommes de l’Est-Cameroun auprès de qui il a vécu, qui “inventèrent la musique à l’écoute / À l’écoute des pluies / À l’écoute des gouttes”. Et, sans qu’il y ait à le justifier, comme si le mouvement d’émerveillement devant le paysage africain le dictait impérativement, la voix remonte aux profondeurs de l’enfance du poète : “Alors le temps n’était / N’était amour ni souffrance / Seulement l’odeur des lieux familiers”.&#xA;    Là-bas, il semble qu’il existe une enfance qui parle à toutes les enfances. Le poète est cet homme qui a appris à ne plus être protégé par aucune certitude, aucune écorce du savoir présent. Il vibre, résonne, s’accorde à toutes les manifestations de la source première. La bonne nouvelle que porte la poésie, à jamais, est qu’un jour l’homme existera, qu’il portera visage radieux, cœur intelligent et main fraternelle. La poésie tient bonne garde de cette promesse jamais réalisée.&#xA;&#xA;Cette chronique est disponible à la lecture dans son intégralité : En vue de plus tard ou de jamais.&#xA;&#xA;Hyperliens]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Emmanuel Godo, poète et essayiste, avait consacré au <em><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/parution-2023" title="Présentation du livre">Journal de la brousse endormie</a></em>, paru en 2023, l’une de ses chroniques dans le journal La Croix.</p>

<p>Je viens de découvrir qu’il donne, dans la revue de culture contemporaine Études (numéro 4330, octobre 2025) quelques lignes à propos de <em><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/parution-2025" title="Présentation du livre">Tout commence par les marimbas de la nuit</a></em>.</p>

<p><em>En vue de plus tard ou de jamais</em>, ces mots de Mallarmé dans une lettre adressée à Verlaine, ont pour E. Godo <em>la vertu d’offrir à la poésie un vaste espace d’accomplissement, qui déborde les assignations à servir</em>. Il est question, avec Mallarmé, Bataille et William Carlos Williams de l’horizon d’écriture de l’écrivain, du poète, dans cette chronique qui s’achève ainsi :</p>

<blockquote><p>Dans Tout commence par les marimbas de la nuit, Serge Marcel Roche fait entendre une ode aux arbres, aux rivières, aux oiseaux et à ces hommes de l’Est-Cameroun auprès de qui il a vécu, qui “inventèrent la musique à l’écoute / À l’écoute des pluies / À l’écoute des gouttes”. Et, sans qu’il y ait à le justifier, comme si le mouvement d’émerveillement devant le paysage africain le dictait impérativement, la voix remonte aux profondeurs de l’enfance du poète : “Alors le temps n’était / N’était amour ni souffrance / Seulement l’odeur des lieux familiers”.</p>

<p>Là-bas, il semble qu’il existe une enfance qui parle à toutes les enfances. Le poète est cet homme qui a appris à ne plus être protégé par aucune certitude, aucune écorce du savoir présent. Il vibre, résonne, s’accorde à toutes les manifestations de la source première. La bonne nouvelle que porte la poésie, à jamais, est qu’un jour l’homme existera, qu’il portera visage radieux, cœur intelligent et main fraternelle. La poésie tient bonne garde de cette promesse jamais réalisée.</p></blockquote>

<p>Cette chronique est disponible à la lecture dans son intégralité : <a href="https://www.revue-etudes.com/article/en-vue-de-plus-tard-ou-de-jamais/27982">En vue de plus tard ou de jamais</a>.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Hyperliens" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Hyperliens</span></a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/en-vue-de-plus-tard-ou-de-jamais</guid>
      <pubDate>Thu, 30 Apr 2026 15:04:57 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Au tournant du chemin #4</title>
      <link>https://sergemarcelroche.writeas.com/au-tournant-du-chemin-4?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Les premières mangues de l’année sont aux étals, il a plu, il pleut, mais l’intérieur reste sec. L’écriture est en rade, vieille barque qui refuse de prendre le cours du fleuve. Il lui faudrait un souffle, qui ne vient pas. Non une idée, que je cherche d’ailleurs en vain. Tant mieux. Rien n’est plus néfaste, à mon sens, à la ‟poésie”, que les idées. Il est plus gênant de n’en pas avoir quand il s’agit, comme ici, d’écrire à quelqu’un. Cette adresse ‟à tout le monde”, est une forme de discours, d’entretien. On attend quelque chose de qui nous parle, or je suis dépourvu à cette heure de la moindre chose à dire, ce qui est paradoxal puisqu’en écrivant cela je dis quand même quelque chose. Je dis malgré tout la chose dont je suis dépourvu, tout au moins j’en donne les contours. Ce faisant, je déclare une pauvreté, parmi d’autres. Nos pauvretés, les nôtres propres ou celles des autres, on ne peut en discerner que les contours ; elles ne seraient pas sinon pauvreté, mais richesse. Il faudrait s’aimer pauvre, démuni, dénué, tel que nous sommes en fait, par choix de refuser d’être plein de ‟paraître”. Aimer cette meilleure part qu’est le ‟peu” de notre pauvreté, contre le tout totalitaire. Se reconnaître pauvre (pauvre de bien des manières), c’est être plus humain et ‟ne pas passer sur le corps des autres”, comme l’écrivait l’ami Pasolini. Je pense à lui souvent, qui préférait ‟de loin celui qui perd à l’anthropologie vulgaire du gagnant”, celle des ‟gens qui comptent, qui occupent le pouvoir, qui s’arrachent le présent”. Il disait : ‟C’est un exercice qui me réussit bien. Et me réconcilie avec mon sacré peu, il mio sacro poco”.&#xA;&#xA;Autournantduchemin&#xA;&#xA;Au tournant du chemin est une infolettre mensuelle, gratuite et démodée : Je m’abonne avec plaisir !]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Les premières mangues de l’année sont aux étals, il a plu, il pleut, mais l’intérieur reste sec. L’écriture est en rade, vieille barque qui refuse de prendre le cours du fleuve. Il lui faudrait un souffle, qui ne vient pas. Non une idée, que je cherche d’ailleurs en vain. Tant mieux. Rien n’est plus néfaste, à mon sens, à la ‟poésie”, que les idées. Il est plus gênant de n’en pas avoir quand il s’agit, comme ici, d’écrire à quelqu’un. Cette adresse ‟à tout le monde”, est une forme de discours, d’entretien. On attend quelque chose de qui nous parle, or je suis dépourvu à cette heure de la moindre chose à dire, ce qui est paradoxal puisqu’en écrivant cela je dis quand même quelque chose. Je dis malgré tout la chose dont je suis dépourvu, tout au moins j’en donne les contours. Ce faisant, je déclare une pauvreté, parmi d’autres. Nos pauvretés, les nôtres propres ou celles des autres, on ne peut en discerner que les contours ; elles ne seraient pas sinon pauvreté, mais richesse. Il faudrait s’aimer pauvre, démuni, dénué, tel que nous sommes en fait, par choix de refuser d’être plein de ‟paraître”. Aimer cette meilleure part qu’est le ‟peu” de notre pauvreté, contre le tout totalitaire. Se reconnaître pauvre (pauvre de bien des manières), c’est être plus humain et ‟ne pas passer sur le corps des autres”, comme l’écrivait l’ami Pasolini. Je pense à lui souvent, qui préférait ‟de loin celui qui perd à l’anthropologie vulgaire du gagnant”, celle des ‟gens qui comptent, qui occupent le pouvoir, qui s’arrachent le présent”. Il disait : ‟C’est un exercice qui me réussit bien. Et me réconcilie avec mon sacré peu, il mio sacro poco”.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Autournantduchemin" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Autournantduchemin</span></a></p>

<p><em>Au tournant du chemin</em> est une infolettre mensuelle, gratuite et démodée : <a href="https://www.sergemarcelroche.kessel.media/">Je m’abonne avec plaisir !</a></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/au-tournant-du-chemin-4</guid>
      <pubDate>Wed, 22 Apr 2026 02:00:04 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Voyage au Lexique - ligne</title>
      <link>https://sergemarcelroche.writeas.com/voyage-au-lexique-ligne?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Ne fut longtemps que celle des arbres, du soleil frappant le front, cet horizon de son couteau gravant un signe, clarté d’une voix sur la piste ou l’odeur des fleurs de café, tout un envoûtement par les choses, dont on ne peut sortir. Mais dit ainsi ou d’autres manières, n’est que trame se rompant, l’accroc que fait le temps et le fil à écrire.&#xA;&#xA;Le mot ligne apparait 13 fois dans Ma vie au village.&#xA;&#xA;VoyageauLexique&#xA;&#xA;span style=&#34;color: #577A5D;&#34;Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de a href=&#34;https://writeas/sergemarcelroche/parution-2023&#34; title=&#34;Parution 2023&#34; target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener noreferrer&#34;Ma vie au village/a (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif. /span]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Ne fut longtemps que celle des arbres, du soleil frappant le front, cet horizon de son couteau gravant un signe, clarté d’une voix sur la piste ou l’odeur des fleurs de café, tout un envoûtement par les choses, dont on ne peut sortir. Mais dit ainsi ou d’autres manières, n’est que trame se rompant, l’accroc que fait le temps et le fil à écrire.</p>

<p>Le mot <em>ligne</em> apparait 13 fois dans <em>Ma vie au village</em>.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:VoyageauLexique" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">VoyageauLexique</span></a></p>

<p><span style="color: #577A5D;">Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de <a href="https://writeas/sergemarcelroche/parution-2023" title="Parution 2023" target="_blank">Ma vie au village</a> (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif. </span></p>
]]></content:encoded>
      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/voyage-au-lexique-ligne</guid>
      <pubDate>Sun, 22 Mar 2026 00:47:19 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Voyage au Lexique - main</title>
      <link>https://sergemarcelroche.writeas.com/voyage-au-lexique-main?pk_campaign=rss-feed</link>
      <description>&lt;![CDATA[Ma paume, la peau tienne, l’unique ligne interne quand l’œil se cogne à l&#39;encolure des arbres, contre l&#39;air au-dessus d&#39;eux rempli d&#39;un soleil d&#39;acier, qu’il frappe en bas sur la nuit, sa porte inouverte, sans le cuir de ton dos sous elle, glissante, je divaguerai, criant au supplice et le nom gravé sur ta cuisse irait aux enfers.&#xA;&#xA;Le mot main apparait 13 fois dans Ma vie au village&#xA;&#xA;VoyageauLexique&#xA;&#xA;span style=&#34;color: #577A5D;&#34;Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de a href=&#34;https://writeas/sergemarcelroche/parution-2023&#34; title=&#34;Parution 2023&#34; target=&#34;_blank&#34; rel=&#34;noopener noreferrer&#34;Ma vie au village/a (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif. /span]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Ma paume, la peau tienne, l’unique ligne interne quand l’œil se cogne à l&#39;encolure des arbres, contre l&#39;air au-dessus d&#39;eux rempli d&#39;un soleil d&#39;acier, qu’il frappe en bas sur la nuit, sa porte inouverte, sans le cuir de ton dos sous elle, glissante, je divaguerai, criant au supplice et le nom gravé sur ta cuisse irait aux enfers.</p>

<p>Le mot <em>main</em> apparait 13 fois dans <em>Ma vie au village</em></p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:VoyageauLexique" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">VoyageauLexique</span></a></p>

<p><span style="color: #577A5D;">Dans ce deuxième Voyage au Lexique, je continue d’explorer, en me gardant de les exploiter, les mots de <a href="https://writeas/sergemarcelroche/parution-2023" title="Parution 2023" target="_blank">Ma vie au village</a> (in Journal de la brousse endormie) dont le nombre d’occurrences est significatif. </span></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/voyage-au-lexique-main</guid>
      <pubDate>Wed, 18 Mar 2026 23:57:05 +0000</pubDate>
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      <title>Au tournant du chemin #3</title>
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      <description>&lt;![CDATA[L’an passé, au retour de mon séjour en France, j’ai vu par le carré de la fenêtre, sur la ligne d’en face, la crépissure grise de constructions nouvelles. Ainsi, des immeubles sont élevés à grande vitesse dans toute la ville. Beaucoup demeurent inachevés, ouvrant désespérément leurs yeux vides. Il en est qui deviennent célèbres, repaires de brigands ou lieux sans humains que la déchéance du propriétaire et la superstition condamnent à un perpétuel abandon. Sur le chemin qui me conduit à la grand-route, je ne peux m’empêcher de regarder les quatre ou cinq que je croise, essayant parfois d’imaginer leur intérieur inoccupé, la vie qu’ils pourraient abriter, une vie encore marquée par le village, mais qui se distancie chaque jour davantage de lui. Reflets du vieux fantasme babylonien, toujours renaissant, d’atteindre le ciel et de l’attrait qu’exerce le tentaculaire sur la psyché humaine. J’ai entendu exprimée plusieurs fois ici l’opposition entre “villageois” et “civilisés”, c’est-à-dire citadins, comme si ce que l’on nomme civilisation, sans trop savoir ce que c’est, sinon une chimère, un pernicieux concept, ne pouvait se passer de hauteur, d’une verticalité sans mesure.&#xA;&#xA;Avec ces bâtisses, dont un grand nombre se peuplent quand même de locataires, il y a celles de petit standing à deux, trois étages, les maisons basses, le simple rectangle des cases pour les gens moins fortunés et les villas cossues, souvent de couleur blanche, parfois vert moutarde. Celles-ci m’intriguent. De quel imaginaire sort leur esthétique, faite de colonnades, de porches grandiloquents, de terrasses parfois multiples ? Je les nomme de “style néo-américain”. Quelque spécialiste me montrerait sans doute que j’ai tort. Qu’importe. Je n’y vois jamais personne. Dernièrement, un voisin que j’avais déjà sûrement aperçu, ne serait-ce qu’à travers le vitrage de la salle de bain, mais jamais rencontré, m’a cueilli au passage et emmené dans sa voiture jusqu’au carrefour Cogeni. On ne se voit pas, lui ai-je banalement dit. Il me répond que “l’on part au matin, on rentre le soir”. Il en va de même à Tokyo, Buenos Aires, New-Delhi, où chacun s’efforce comme il peut d’aller au bout du jour, puis de la nuit. Ce voisin est vendeur de pièces automobiles, au marché d’Étoudi. Je ne saurai probablement jamais qui est et que fait l’un de ces fantômes qui peuplent mon style néo-américain. Il n’est nul besoin d’océan pour que nous soyons séparés. Un peu de stuc suffit.&#xA;&#xA;Autournantduchemin&#xA;&#xA;Au tournant du chemin est une infolettre mensuelle, gratuite et démodée : Je m’abonne avec plaisir !]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>L’an passé, au retour de mon séjour en France, j’ai vu par le carré de la fenêtre, sur la ligne d’en face, la crépissure grise de constructions nouvelles. Ainsi, des immeubles sont élevés à grande vitesse dans toute la ville. Beaucoup demeurent inachevés, ouvrant désespérément leurs yeux vides. Il en est qui deviennent célèbres, repaires de brigands ou lieux sans humains que la déchéance du propriétaire et la superstition condamnent à un perpétuel abandon. Sur le chemin qui me conduit à la grand-route, je ne peux m’empêcher de regarder les quatre ou cinq que je croise, essayant parfois d’imaginer leur intérieur inoccupé, la vie qu’ils pourraient abriter, une vie encore marquée par le village, mais qui se distancie chaque jour davantage de lui. Reflets du vieux fantasme babylonien, toujours renaissant, d’atteindre le ciel et de l’attrait qu’exerce le tentaculaire sur la psyché humaine. J’ai entendu exprimée plusieurs fois ici l’opposition entre “villageois” et “civilisés”, c’est-à-dire citadins, comme si ce que l’on nomme civilisation, sans trop savoir ce que c’est, sinon une chimère, un pernicieux concept, ne pouvait se passer de hauteur, d’une verticalité sans mesure.</p>

<p>Avec ces bâtisses, dont un grand nombre se peuplent quand même de locataires, il y a celles de petit standing à deux, trois étages, les maisons basses, le simple rectangle des cases pour les gens moins fortunés et les villas cossues, souvent de couleur blanche, parfois vert moutarde. Celles-ci m’intriguent. De quel imaginaire sort leur esthétique, faite de colonnades, de porches grandiloquents, de terrasses parfois multiples ? Je les nomme de “style néo-américain”. Quelque spécialiste me montrerait sans doute que j’ai tort. Qu’importe. Je n’y vois jamais personne. Dernièrement, un voisin que j’avais déjà sûrement aperçu, ne serait-ce qu’à travers le vitrage de la salle de bain, mais jamais rencontré, m’a cueilli au passage et emmené dans sa voiture jusqu’au carrefour Cogeni. On ne se voit pas, lui ai-je banalement dit. Il me répond que “l’on part au matin, on rentre le soir”. Il en va de même à Tokyo, Buenos Aires, New-Delhi, où chacun s’efforce comme il peut d’aller au bout du jour, puis de la nuit. Ce voisin est vendeur de pièces automobiles, au marché d’Étoudi. Je ne saurai probablement jamais qui est et que fait l’un de ces fantômes qui peuplent mon style néo-américain. Il n’est nul besoin d’océan pour que nous soyons séparés. Un peu de stuc suffit.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Autournantduchemin" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Autournantduchemin</span></a></p>

<p><em>Au tournant du chemin</em> est une infolettre mensuelle, gratuite et démodée : <a href="https://www.sergemarcelroche.kessel.media/">Je m’abonne avec plaisir !</a></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/au-tournant-du-chemin-3</guid>
      <pubDate>Thu, 12 Mar 2026 02:46:55 +0000</pubDate>
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