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    <title>didascalies &amp;mdash; Chemin tournant</title>
    <link>https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:didascalies</link>
    <description>Serge Marcel Roche</description>
    <pubDate>Tue, 18 Aug 2026 16:34:50 +0000</pubDate>
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      <title>didascalies &amp;mdash; Chemin tournant</title>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 2.4</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Devant, passés le centre privé de santé ‟mains fines”, des immeubles inachevés, un élevage de poulets de chair, un conteneur mi bar mi boutique, l’atelier d’un menuisier, sans compter la diversité des habitations et leurs cours intérieures : le portail métallique de la ‟cité des fleurs”. Sur couleur anthracite, de blanches épigraphes autour d’un œil de Dieu qui sait tout. Une palette de pervenches de Madagascar, deux ou trois épines du Christ, les entonnoirs jaunes d’un bois-lait rachitique dont le latex est mortel, des cheveux de Vénus, un bougainvillée.&#xA;&#xA;Encore devant, par intermittence, un grondement de fabrique, le boucan des motocyclettes qu’on ne peut dénombrer, voitures et camions. Pas de cycles. Des passants. Plus d’oiseaux. Un semblant de carrefour où brulent des ordures ; c’est un feu de géhenne. La terre creusée, aluminée, des routes, brille, tandis que sa poussière teint la peau, les cheveux.&#xA;&#xA;L’existence pèse \[sur soi\] comme l’attente déçue d’un orage.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Devant, passés le centre privé de santé ‟mains fines”, des immeubles inachevés, un élevage de poulets de chair, un conteneur mi bar mi boutique, l’atelier d’un menuisier, sans compter la diversité des habitations et leurs cours intérieures : le portail métallique de la ‟cité des fleurs”. Sur couleur anthracite, de blanches épigraphes autour d’un œil de Dieu qui sait tout. Une palette de pervenches de Madagascar, deux ou trois épines du Christ, les entonnoirs jaunes d’un bois-lait rachitique dont le latex est mortel, des cheveux de Vénus, un bougainvillée.</p>

<p>Encore devant, par intermittence, un grondement de fabrique, le boucan des motocyclettes qu’on ne peut dénombrer, voitures et camions. Pas de cycles. Des passants. Plus d’oiseaux. Un semblant de carrefour où brulent des ordures ; c’est un feu de géhenne. La terre creusée, aluminée, des routes, brille, tandis que sa poussière teint la peau, les cheveux.</p>

<p>L’existence pèse [sur soi] comme l’attente déçue d’un orage.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
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      <pubDate>Thu, 06 Aug 2026 08:15:16 +0000</pubDate>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 2.3</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Bref aboiement derrière l’enceinte d’une villa, dite ‟toiture verte”, \[à tribord de soi\], et passage d’une motocyclette au réservoir mantelé de peluche rose. Le taximan porte une doudoune décolorée, un cachenez noir et des lunettes de plongée. \[Soi gravit péniblement la pente jusqu’à petit stade et garage du futur, se faisant face.\] À cet instant, de ce lieu-là, on entend peu le fond sonore du trou de la ville qui pourtant machine à plein rendement, mais seulement, tombant des fils électriques, quelques pious pious de moineaux gris.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Bref aboiement derrière l’enceinte d’une villa, dite ‟toiture verte”, [à tribord de soi], et passage d’une motocyclette au réservoir mantelé de peluche rose. Le taximan porte une doudoune décolorée, un cachenez noir et des lunettes de plongée. [Soi gravit péniblement la pente jusqu’à petit stade et garage du futur, se faisant face.] À cet instant, de ce lieu-là, on entend peu le fond sonore du trou de la ville qui pourtant machine à plein rendement, mais seulement, tombant des fils électriques, quelques pious pious de moineaux gris.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
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      <pubDate>Thu, 09 Jul 2026 15:36:32 +0000</pubDate>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 2.2</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Personne \[à part les jambes, les pieds du soi, qui l’écrivent pas à pas\] ne lit ce livre ou seulement le feuillette, ni le prononce à mi-voix, dont les pages s’énumèrent au gré du mouvement des populations, des errances particulières ou des ballades au bois. Plutôt : c’est une lecture mécaniquement inconsciente, en même temps que perpétuelle (il y a toujours au moins quelqu’un qui marche, de jour des milliers, sur les chapitres de la nuit) et chaotique, mais aussi déterminée par les points de départ et les points d’arrivée fixés idéiquement par les services d’une administration elle-même désordonnée. Déterminée en principe, car l’on ne parvient pas encore à faire aller les gens de A à B. Le livre de la ville échappe à toute imposition du plan.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Personne [à part les jambes, les pieds du soi, qui l’écrivent pas à pas] ne lit ce livre ou seulement le feuillette, ni le prononce à mi-voix, dont les pages s’énumèrent au gré du mouvement des populations, des errances particulières ou des ballades au bois. Plutôt : c’est une lecture mécaniquement inconsciente, en même temps que perpétuelle (il y a toujours au moins quelqu’un qui marche, de jour des milliers, sur les chapitres de la nuit) et chaotique, mais aussi déterminée par les points de départ et les points d’arrivée fixés idéiquement par les services d’une administration elle-même désordonnée. Déterminée en principe, car l’on ne parvient pas encore à faire aller les gens de A à B. Le livre de la ville échappe à toute imposition du plan.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/fenetre-sur-ville-didascalies-2-2</guid>
      <pubDate>Tue, 23 Jun 2026 15:32:33 +0000</pubDate>
    </item>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 2.1</title>
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      <description>&lt;![CDATA[Le soleil entaille la brume en faisant un bruit d&#39;usine. Sur la route en terre trottine une file indienne de tourterelles des bois. En bas, un bout de planche sur un reste d&#39;eau qui, plus loin, devient souterraine, fait passer la ravine et remonter \[vers soi\]. On entend le rire acide et cruel d&#39;un martin-chasseur (Halcyon senegalensis) et quelques notes flutées de bulbuls communs. Le soleil coupe déjà la peau. On ne sait avec précision en quelle saison nous sommes, \[le soi, perplexe, se taisant, rendu après la nuit incapable de discerner à même sa propre peau sous le soleil\]. Qui coupe pourtant. Le jour et la nuit sont des couteaux qui tranchent le temps dans la cervelle. Il y a des nuages, petits et grands, ou le gris lumineux d’une plaque de fer, comme un écran. \[Le soi, distant du ciel, regarde à ses pieds les trous, les ornières, où s’accrochent toutes sortes de choses résiduelles.\] Malgré toutes ces choses \[en soi, dans la tête, délavées par les pluies\], l’on suit un itinéraire grâce au numérotage des rues, qui fait du trou de la ville un livre décousu.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>Le soleil entaille la brume en faisant un bruit d&#39;usine. Sur la route en terre trottine une file indienne de tourterelles des bois. En bas, un bout de planche sur un reste d&#39;eau qui, plus loin, devient souterraine, fait passer la ravine et remonter [vers soi]. On entend le rire acide et cruel d&#39;un martin-chasseur (<em>Halcyon senegalensis</em>) et quelques notes flutées de bulbuls communs. Le soleil coupe déjà la peau. On ne sait avec précision en quelle saison nous sommes, [le soi, perplexe, se taisant, rendu après la nuit incapable de discerner à même sa propre peau sous le soleil]. Qui coupe pourtant. Le jour et la nuit sont des couteaux qui tranchent le temps dans la cervelle. Il y a des nuages, petits et grands, ou le gris lumineux d’une plaque de fer, comme un écran. [Le soi, distant du ciel, regarde à ses pieds les trous, les ornières, où s’accrochent toutes sortes de choses résiduelles.] Malgré toutes ces choses [en soi, dans la tête, délavées par les pluies], l’on suit un itinéraire grâce au numérotage des rues, qui fait du trou de la ville un livre décousu.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
<a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/fenetre-sur-ville-didascalies-2-1</guid>
      <pubDate>Sat, 13 Jun 2026 10:13:22 +0000</pubDate>
    </item>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 1.3</title>
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      <description>&lt;![CDATA[La ville, pourtant toute en collines, en vagues rocheuses, immobiles - on loge dans ses moindres plissures - se figure \[à soi (disant)\] telle un trou par lequel passer sans cesse. De la fenêtre, trop petite, mesquine, on peut voir une partie du trou, et deviner, à la rumeur, aux sonorités, aux lueurs, ce qui demeure caché. \[Quand la porte est ouverte, il est préférable de regarder en se tenant dans le fond du couloir, où règne une odeur de bonde pas lavée, de vaisselle et d’égout\] : on voit dans l’embrasure rectangulaire le carré du trou de la ville, de nuit surtout, tant la ville est nuit.&#xA;&#xA;#Fenêtresurville #Didascalies&#xA;&#xA;Fenêtre sur ville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>La ville, pourtant toute en collines, en vagues rocheuses, immobiles – on loge dans ses moindres plissures – se figure [à soi (disant)] telle un trou par lequel passer sans cesse. De la fenêtre, trop petite, mesquine, on peut voir une partie du trou, et deviner, à la rumeur, aux sonorités, aux lueurs, ce qui demeure caché. [Quand la porte est ouverte, il est préférable de regarder en se tenant dans le fond du couloir, où règne une odeur de bonde pas lavée, de vaisselle et d’égout] : on voit dans l’embrasure rectangulaire le carré du trou de la ville, de nuit surtout, tant la ville est nuit.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a> <a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>

<p><a href="https://fenetre-sur-ville.writeas.com/" title="Blogue annexe">Fenêtre sur ville</a></p>
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      <pubDate>Wed, 03 Jun 2026 09:45:01 +0000</pubDate>
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      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 1.2</title>
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      <description>&lt;![CDATA[On entend la corne d&#39;une locomotive rouge qui traine avec lenteur à travers le multicorps de la ville soixante wagons de marchandises. Puis le souffle de l&#39;eau contre le béton de l&#39;abattoir général, où l’on verse annuellement le sang de quatre-vingt-dix-mille bœufs. Éclate le cri des bouchers à l&#39;adresse d&#39;une bête tremblante. On entend : Tue-le ! et le train, sa voix, ses yeux qui chassent des fantômes marchant sur son chemin de fer. Entrent par vent du sud le relent des vidures, et plus tard du nord, aussi longue à durer dans l&#39;air qu&#39;un sermon de pasteur, l’âcreté des ordures qui flambent encore, du plastique, des herbes à demi sèches qui ne demandaient rien.&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies&#xA;&#xA;Fenêtre sur ville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>On entend la corne d&#39;une locomotive rouge qui traine avec lenteur à travers le multicorps de la ville soixante wagons de marchandises. Puis le souffle de l&#39;eau contre le béton de l&#39;abattoir général, où l’on verse annuellement le sang de quatre-vingt-dix-mille bœufs. Éclate le cri des bouchers à l&#39;adresse d&#39;une bête tremblante. On entend : Tue-le ! et le train, sa voix, ses yeux qui chassent des fantômes marchant sur son chemin de fer. Entrent par vent du sud le relent des vidures, et plus tard du nord, aussi longue à durer dans l&#39;air qu&#39;un sermon de pasteur, l’âcreté des ordures qui flambent encore, du plastique, des herbes à demi sèches qui ne demandaient rien.</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
<a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>

<p><a href="https://fenetre-sur-ville.writeas.com/" title="Blogue dédié">Fenêtre sur ville</a></p>
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      <pubDate>Fri, 08 May 2026 13:36:35 +0000</pubDate>
    </item>
    <item>
      <title>Fenêtre sur ville - Didascalies 1.1</title>
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      <description>&lt;![CDATA[La ville, son multicorps&#xA;\[Soi, parfois se disant\]&#xA;&#xA;!--more--&#xA;&#xA;On ne sait avec précision à quelle heure de la nuit ça commence ‒&#xA;&#xA;La ville est à elle-même sa propre nuit, conjointe à la nôtre. D&#39;où l&#39;écrire ici sur un fond d&#39;obscur, les lettres figurant ses milliers de fenêtres et de lampadaires, lumières incertaines semblables au tremblement des mots. On la pénètre mieux ainsi, ou c&#39;est elle qui entre en nous, comme une pensée dans le corps.&#xA;&#xA;\[Pour l&#39;aviser, écarte le rideau de ta cervelle.\]&#xA;&#xA;Fenêtresurville&#xA;Didascalies&#xA;&#xA;Fenêtre sur ville]]&gt;</description>
      <content:encoded><![CDATA[<p>La ville, son multicorps
[Soi, parfois se disant]</p>



<p>On ne sait avec précision à quelle heure de la nuit ça commence ‒</p>

<p>La ville est à elle-même sa propre nuit, conjointe à la nôtre. D&#39;où l&#39;écrire ici sur un fond d&#39;obscur, les lettres figurant ses milliers de fenêtres et de lampadaires, lumières incertaines semblables au tremblement des mots. On la pénètre mieux ainsi, ou c&#39;est elle qui entre en nous, comme une pensée dans le corps.</p>

<p>[Pour l&#39;aviser, écarte le rideau de ta cervelle.]</p>

<p><a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Fen%C3%AAtresurville" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Fenêtresurville</span></a>
<a href="https://sergemarcelroche.writeas.com/tag:Didascalies" class="hashtag"><span>#</span><span class="p-category">Didascalies</span></a></p>

<p><a href="https://write.as/fenetre-sur-ville/" title="Blogue dédié">Fenêtre sur ville</a></p>
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      <guid>https://sergemarcelroche.writeas.com/fenetre-sur-ville-didascalies-1-1</guid>
      <pubDate>Sun, 03 May 2026 01:21:08 +0000</pubDate>
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