Fenêtre sur ville – Didascalies 3.2

On entend, de la chambre ou du couloir, la boucle morbide des nettoyeurs de l’abattoir, à plus ou moins vingt heures le passage du train des gens voyageant vers le Nord, et de quelques autres qu’on ne peut prévoir, chargés de vrac ou de gros caissons.

Dans le carré, mais débordant, un relief en demi-cercle de collines à larges flancs où des maisons disparates s’accolent au fil du temps, se touchent, tandis que les immeubles de standing, aux points les plus hauts, n’en vieillissent pas moins qu’elles. On note, du côté droit de l’œil, deux réservoirs d’eau, non loin d’où meurent les bêtes, quand à gauche il ne peut voir la tache bleue d’un groupe scolaire, sa laideur, ni la forme plus heureuse d’une villa en fortin. Sensiblement à la hauteur de soi, la portion du milieu est semée de bâtisses nouvelles, encore d’un gris ciment, sauf une, rose de porcelaine.

Sur les bords de la ravine, d’autres maisons s’étagent entre des manguiers. Dans l’un d’eux loge une colonie de hérons (Ardeola ibis) qui semble ne plus migrer, gardant par intérêt ou peut-être fidélité les bœufs dont on déterge, tout près, le sang. Jaillissent les éventails de plusieurs espèces de palmiers, dont l’inévitable Élèis de Guinée. [Quand l’œil regarde face à soi], le maigre stipe d’un aréquier divise l’image.

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