Fenêtre sur ville – Didascalies 2.4
Devant, passés le centre privé de santé ‟mains fines”, des immeubles inachevés, un élevage de poulets de chair, un conteneur mi bar mi boutique, l’atelier d’un menuisier, sans compter la diversité des habitations et leurs cours intérieures : le portail métallique de la ‟cité des fleurs”. Sur couleur anthracite, de blanches épigraphes autour d’un œil de Dieu qui sait tout. Une palette de pervenches de Madagascar, deux ou trois épines du Christ, les entonnoirs jaunes d’un bois-lait rachitique dont le latex est mortel, des cheveux de Vénus, un bougainvillée.
Encore devant, par intermittence, un grondement de fabrique, le boucan des motocyclettes qu’on ne peut dénombrer, voitures et camions. Pas de cycles. Des passants. Plus d’oiseaux. Un semblant de carrefour où brulent des ordures ; c’est un feu de géhenne. La terre creusée, aluminée, des routes, brille, tandis que sa poussière teint la peau, les cheveux.
L’existence pèse [sur soi] comme l’attente déçue d’un orage.