Fenêtre sur ville – Didascalies 2.1

Le soleil entaille la brume en faisant un bruit d'usine. Sur la route en terre trottine une file indienne de tourterelles des bois. En bas, un bout de planche sur un reste d'eau qui, plus loin, devient souterraine, fait passer la ravine et remonter [vers soi]. On entend le rire acide et cruel d'un martin-chasseur (Halcyon senegalensis) et quelques notes flutées de bulbuls communs. Le soleil coupe déjà la peau. On ne sait avec précision en quelle saison nous sommes, [le soi, perplexe, se taisant, rendu après la nuit incapable de discerner à même sa propre peau sous le soleil]. Qui coupe pourtant. Le jour et la nuit sont des couteaux qui tranchent le temps dans la cervelle. Il y a des nuages, petits et grands, ou le gris lumineux d’une plaque de fer, comme un écran. [Le soi, distant du ciel, regarde à ses pieds les trous, les ornières, où s’accrochent toutes sortes de choses résiduelles.] Malgré toutes ces choses [en soi, dans la tête, délavées par les pluies], l’on suit un itinéraire grâce au numérotage des rues, qui fait du trou de la ville un livre décousu.

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