En vue de plus tard ou de jamais

Emmanuel Godo, poète et essayiste, avait consacré au Journal de la brousse endormie, paru en 2023, l’une de ses chroniques dans le journal La Croix.

Je viens de découvrir qu’il donne, dans la revue de culture contemporaine Études (numéro 4330, octobre 2025) quelques lignes à propos de Tout commence par les marimbas de la nuit.

En vue de plus tard ou de jamais, ces mots de Mallarmé dans une lettre adressée à Verlaine, ont pour E. Godo la vertu d’offrir à la poésie un vaste espace d’accomplissement, qui déborde les assignations à servir. Il est question, avec Mallarmé, Bataille et William Carlos Williams de l’horizon d’écriture de l’écrivain, du poète, dans cette chronique qui s’achève ainsi :

Dans Tout commence par les marimbas de la nuit, Serge Marcel Roche fait entendre une ode aux arbres, aux rivières, aux oiseaux et à ces hommes de l’Est-Cameroun auprès de qui il a vécu, qui “inventèrent la musique à l’écoute / À l’écoute des pluies / À l’écoute des gouttes”. Et, sans qu’il y ait à le justifier, comme si le mouvement d’émerveillement devant le paysage africain le dictait impérativement, la voix remonte aux profondeurs de l’enfance du poète : “Alors le temps n’était / N’était amour ni souffrance / Seulement l’odeur des lieux familiers”.

Là-bas, il semble qu’il existe une enfance qui parle à toutes les enfances. Le poète est cet homme qui a appris à ne plus être protégé par aucune certitude, aucune écorce du savoir présent. Il vibre, résonne, s’accorde à toutes les manifestations de la source première. La bonne nouvelle que porte la poésie, à jamais, est qu’un jour l’homme existera, qu’il portera visage radieux, cœur intelligent et main fraternelle. La poésie tient bonne garde de cette promesse jamais réalisée.

Cette chronique est disponible à la lecture dans son intégralité : En vue de plus tard ou de jamais.

#Hyperliens